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Aaradhya avait voyagé vers le nord pendant plusieurs jours quand elle tomba sur un cercle solennel d’enfants rassemblés sur le bord de la route, devant une école délabrée. Leur couleur de peau, noisette, était d’une teinte plus claire que la sienne. Chaque enfant avait un ordinateur portable qui avait survécu au fil du temps à de nombreux assauts, et sur leur écran on pouvait voir une console de lettres blanches sur fond gris. On voyait sur chacun le même bout de code.

“Quel est ce langage ?” demanda Aaradhya, regardant l’écran au dessus de l’épaule d’un garçon.

“C’est du BASIC, Madame,” répondit le garçon. “La maîtresse n’a commencé à nous l’enseigner que la semaine dernière.”

“Le langage a bien changé depuis que j’avais votre âge,” observa Aaradhya. “Où sont les numéros de ligne ?”

“Nous n’en avons pas besoin, Madame.”

“Mais comment faites-vous pour faire un GOTO ?”

“GOTO est interdit, Madame. Nous ne faisons que de l’algèbre.”

“Alors comment avez-vous codé la fontaine d’Anantha ?”

Les enfants se regardèrent les uns les autres, intrigués.

“Ah,” dit Aaradhya. “Ça ne m’étonne pas que vous ayez tous la tête d’une chèvre attelée à une charrue. Quand j’étais une petite fille la coutume était de terminer le tout premier jour de cours avec la fontaine d’Anantha. Voilà...” La novice prit délicatement le portable d’une des filles. “Comment t’appelles-tu ?”

“Simbala, Madame.”

Aaradhya écrivit :

  10 PRINT "Hello, Simbala!! ";
  20 GOTO 10
  RUN

L’écran se remplit d’un flux ondulant et sans fin de :

  Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! He
  llo, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hell
  o, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello,
   Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, S
  imbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Sim
  bala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simba
  la!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala
  !! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!!
   Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! H
  ello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hel
  lo, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello
  , Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello,
  Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Si
  mbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simb
  ala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbal
  a!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!
  ! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!!
  Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! Hello, Simbala!! He

À chaque fois qu’une ligne s’ajoutait en bas, les lignes d’au-dessus se décalaient vers le haut.

“Et maintenant chacun essaie avec son propre nom,” dit Aaradhya aux enfants qui s’empressaient autour, bien qu’elle n’avait pas besoin de demander ; certains en avaient déjà tapé la moitié. Les ordinateurs portables passaient de main en main pour comparer les sorties. Pour certains noms les lignes diagonales penchaient à gauche, pour d’autres elles penchaient à droite, et pour certains la pente était si abrupte qu’on n’arrivait presque pas à les discerner. Pour un garçon au nom particulièrement long, le message se répétait simplement en une morne colonne verticale.

Aaradhya lui conseilla d’ajouter un autre point d’exclamation—ou tout autre caractère de son choix—et de fait, la forme désirée apparut. Les autres suivirent cet exemple, et bientôt les noms furent remplacés par des vagues ondulantes de points, tirets, pourcentages et barres obliques.

La vieille maîtresse sortit de l’école, alertée par le bruit de tant de bavardages. Quand elle vit ce qu’Aaradhya avait appris aux enfants, elle attrapa un balai et chassa la novice de ses terres.

“Tu es folle !” dit la maîtresse. “Ne vois-tu pas que notre village est pauvre ? Le seul espoir de ces enfants est d’apprendre leur métier vite et bien, et non le gaspiller dans d’oisives idioties.” La maîtresse leva de nouveau son balai, mais Aaradhya tourbillonna et brandit son bâton de marche en réponse. La vieille femme se mit en retrait.

“Au contraire, Madame l’Enseignante,” granda Aaradhya. “Je vous ai rendu grand service, et un jour je reviendrai avec mon propre balai pour recevoir mon paiement de votre vieille tanière ridée. N’avez-vous jamais vu des chatons jouer avec une pelote de ficelle ? Vous avez pris une meute de tigres et leur avez simplement ordonné d’attaquer un ours. Je leur ai donné le goût de la chasse.”

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