Many thanks to Hanzík for the Czech translations!

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Cas 146

Le modèle de la boîte

La nonne Zjing était revenue dans son domicile dans la vallée solitaire sous les falaises du Temple. Mais le télétravail ne l’isolait pas des mélodrames de la vie du Temple, et il ne fallut pas longtemps avant que le moine expérimenté Wangohan ne commence à la bombarder de complaintes au sujet de son rival de longue date, le moine Landhwa.

Wangohan lui envoya :

Nous devions chacun développer une nouvelle application,
en utilisant le framework que j’avais présenté...
J’avais écrit de nombreux tests, unitaires et fonctionnels ;
Landhwa n’en avait écrit aucun, et il avale les exceptions
pour éviter de les vomir à l’écran...
Je valide toutes les entrées client côté serveur ; Landhwa se repose
sur du Javascript pour s’assurer de leur validité, alors que
ses astuces peuvent être désactivées sur n’importe quel client...
Je génère de l’HTML simple qui respecte les standards ;
Landhwa colle ensemble de lourds plug-ins JQuery,
et fait confiance au navigateur pour afficher son bazar...
Nous avons fait la démonstration de nos applications ce matin.
Toutes les louanges du client sont allées injustement à Landhwa.
Je n’en ai reçu aucune.

Zjing réfléchit à la tendance de Wangohan d’empoisonner ceux qui l’irritaient.* Pour éviter à Landhwa une nuit déplaisante sur le sol des toilettes, elle répondit :

Envoyez-moi les URLS vers chacune des applications.
Je vais enquêter.
- - -

Le jour suivant, Wangohan reçut un colis de la nonne contenant deux boîtes. La première boîte, de fine laque noire, contenait un déjeûner qui était l’harmonie esthétique même : huit minuscules compartiments dans lesquels se trouvaient les sauces, la viande grésillante, des légumes coupés tous à la même taille, disposés autour d’un bol carré de riz fumant décoré de fleurs aux teintes appétissantes. La seconde, une simple boîte de carton blanc huileux, semblait contenir les mêmes ingrédients—mais les portions étaient coupées n’importe comment et jetées ensemble sur du riz tiède, de la moins appétissante des façons.

Sur le colis, la main de Zjing avait écrit ce mot :

Choisis et mange.
Ta réponse se trouve au fond.

Wangohan dévora le contenu de la boîte de laque noire, mais fut surpris de ne trouver aucune autre note dans le fond. Il se demandait s’il avait assez faim pour manger le contenu de la seconde boîte quand une douleur aigüe le prit aux tripes et chassa cette pensée (et toutes les autres) de son esprit.

- - -

La nuit suivante, Wangohan—toujours cloué au lit—reçut un autre colis de la nonne. Cette fois-ci, il l’ouvrit avec quelque inquiétude.

On y trouvait quatre petites boîtes de thé à la menthe (leur sceau de cire original toujours intact), trois articles de principe de design des interfaces utilisateur, deux clés USB avec les dernières version d’AngularJS et de Bootstrap, et le mot :

Voici le plat que Landhwa a préparé :
traître à l’estomac, c’est vrai, mais
plaisant aux sens avant de le manger.
Alors que Wangohan sert un plat honnête
qui nous aurait permis de tenir journée de marche,
si seulement nous l’avions désiré.
La présentation ne fait pas partie de la nourriture,
mais elle est fait cependant partie du repas ;
on se présente via notre interface.
Ouvre-toi à ce dessein, et rappelle-toi :
quand le chef sculpte ses carottes en forme de dragon,
ça n’est pas pour en améliorer le goût.
* Voir les cas 84 et 120. Ou évitez ses épices, tout simplement.