Many thanks to Hanzík for the Czech translations!

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Cas 149

Le Premier Doigt

La nonne Satou alla trouver maître Kaimu et dit, “De la rudesse de maître Bawan j'ai appris que l’utilisation du cache est telle un canon de fer : séduisante au toucher, facile à charger, difficile à viser, et mortelle en cas d’erreur de manipulation.”

Kaimu répondit, “Nos dix doigts sont le silex et l’acier, et le clavier notre mèche.”

La nonne continua, “de l’insatisfaction de maître Banzen j'ai appris que de telles armes ne devraient être utilisées qu’à reculons : après une longue étude si possible, après une infâme défaite sinon.”

Kaimu répondit, “Le soldat qui a perdu deux doigts n’ira pas perdre les huit restants de sitôt. Ce sont ses camarades qui ont encore tous leurs doigts qui perdront un membre avant lui.”

La jeune nonne frissonna et dit, “C’est pourquoi je crains le cache. Et n’ayant pas le temps de l’étudier avec attention, je souhaite l’éviter, ainsi que tous les outils qui l’utilisent. Comment puis-je parvenir à cela ?”

Kaimu répliqua, “Ne stocke aucune donnée : pas dans un fichier, ni dans une base de données, ni dans la plus éphémère des variables. Car qu’est-ce qu’une donnée sinon un écho solitaire et glacé de l’Incessant Choeur du Monde Extérieur ? Quand nous détachons une note de la glace, quelle preuve avons-nous qu’elle est toujours chantée au-delà de nos murs de silicium ? Même le paramètre utilisateur le plus anodin devrait être demandé à l’utilisateur à chaque utilisation, pour être certains que nous avons deviné son intention.”

La nonne fronça un sourcil. “J’ai cherché l’aide du maître car je souhaite éviter les erreurs. Pourquoi se moque-t-il de moi ?”

Kaimu attrapa son pouce et dit, “Tu as cherché l’aide du maître car tu souhaitais éviter de perdre un bras. Mais courage, soldat ! Un de tes deux doigts est déjà perdu.”